Association Médiévale Romande - Valorisation du patrimoine médiéval suisse romand

La bataille d’Azincourt, 25 octobre 1415

Note des auteurs : Cette synthèse a été rédigé par Dominique Le Coultre et Jerome Arnaud dans le cadre d’un séminaire universitaire en histoire médiévale.

1. Introduction

1.1. Problématique

La période médiévale est riche en conflits, mais l’un des plus notables est la guerre de Cent Ans, qui oppose pendant plus d’un siècle, entre 1337 et 1453, la dynastie des Valois (rois de France) à celle des Plantagenêt, puis des Lancastre (rois d’Angleterre). Cette longue querelle, entrecoupée de trêves, est notamment connue pour ses batailles emblématiques qui ont marqué les témoins contemporains et laissé des traces dans la mémoire des siècles qui ont suivi.

Après avoir brièvement retracé les origines du conflit que l’historiographie en est venue à désigner sous le nom de guerre de Cent Ans, mais qui ne recouvre pas à proprement parler une réalité ou une perception historique, nous présenterons un panorama des différentes batailles d’envergure qui l’ont ponctué. Nous nous concentrerons par la suite sur l’une d’entre elles : la bataille d’Azincourt, le 25 octobre 1415, qui voit la débâcle de la chevalerie française face à Henri V. Au-delà de sa richesse en sources, cet évènement est particulièrement intéressant au vu du choc que la défaite a provoqué dans le camp français : comment les chroniqueurs contemporains présentent-ils le déroulement et les causes de la défaite ? A l’inverse, quels éléments les Anglais soulignent-ils pour expliquer leur victoire ?

En restant attentifs à la variation dans leur date et but de composition, nous essayerons de croiser les éléments contenus dans les sources narratives – principalement des chroniques françaises, notamment le Bourgeois de Paris – et administratives issues des deux camps. En premier lieu, nous tâcherons de nous faire une idée des forces en puissance, notamment en termes de nombre, de type de combattants (archers, piétons, cavalerie, etc.) et de composition sociale. Dans un second temps, nous retracerons les éléments principaux du déroulement de la bataille, de ses prémices à ses conséquences, en prêtant une attention particulière aux éventuelles contradictions entre les sources et à leur signification. Enfin, nous nous intéresserons à quelques éléments stratégiques et techniques : quels points les différentes sources mettent-elles en avant aux alentours de 1415 et que peut-on dire quant à leur éventuelle influence sur le déroulement voire l’issue de la bataille ? Les archers et arbalétriers, « dont les traits, aussi pressés que la grêles [sic] obscurcissaient le ciel »[1] d’Azincourt selon la chronique du Religieux de Saint-Denis, ont-ils été l’élément déterminant dans la victoire anglaise ? Qu’en est-il des critiques exprimées dans plusieurs sources à l’égard du commandement français ?

[1]Le Religieux de Saint-Denis, Chronique du règne de Charles VI: 1380-1422. Tome VIII (1415-1418), DESGRUGILLERS-BILLARD Nathalie (éd.), Clermont-Ferrand : Paleo, 2008, (L’encyclopédie médiévale), p. 39.
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